Jeux Vidéo·The Suicide of Rachel Foster

{ Welcome to the Hotel Timberline }

Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un jeu que je n’ai pas spécialement adoré, mais auquel j’avais vraiment envie de jouer, à savoir « The Suicide of Rachel Foster », dont j’avais vu rapidement une vidéo de gameplay sur Youtube.

Nous incarnons Nicole Wilson, une jeune femme dont le père vient de décéder, la laissant totalement orpheline. En effet, sa mère l’a également quittée deux ans plus tôt. Nous « revivons » d’ailleurs, durant la scène d’introduction, l’enterrement de la mère de Nicole. Par ailleurs, cette dernière avait rédigé une lettre pour sa fille, alors qu’elle était sur le point d’être emportée par la maladie. L’avocat de la famille avait pour consigne de la lui remettre à la mort de son père. C’est ainsi que le jeu démarre : Nicole est en train de lire la lettre en question.
Sa mère, Claire, lui demande notamment de revendre l’hôtel familial, le Timberline, et d’utiliser l’argent de la vente pour rembourser ses prêts étudiants avant de donner le reste à la famille d’une autre jeune femme. Il s’agit d’une certaine Rachel, qui a été la maîtresse du père de Nicole et qui s’est suicidée quelques années plus tôt, détruisant la famille de notre héroïne, si on peut l’appeler ainsi. Alors, déjà, de base, on se questionne un peu : pourquoi vouloir donner de l’argent à la famille de l’ancienne maîtresse décédée de son ex-mari ?!

Nicole se rend donc à l’hôtel Timberline, en traînant les pieds car elle n’y était pas retournée depuis la trahison de son père, et ce afin d’effectuer un état des lieux dans le but de le vendre. Elle n’a clairement pas l’intention d’y faire de vieux os, cet endroit lui rappelant tellement de mauvais souvenirs.

Cependant, l’action de déroule en décembre, et la jeune femme se retrouve malgré elle confinée (quel joli mot) dans l’hôtel suite à une tempête de neige, et elle ne peut le quitter sans risquer sa vie : nous sommes dans le Montana, non loin de la frontière canadienne, et l’hiver y est rude. Son père n’ayant pas payé ses factures depuis des mois, elle n’a aucun moyen de contacter l’extérieur car le téléphone est coupé. Pas de bol !

Nous sommes en 1993, et les smartphones ne pullulaient pas encore dans tous les foyers. Heureusement, la technologie commençait déjà ses avancées en terme de portable : Nicole reçoit un appel sur un téléphone préhistorique qui l’attendait bien sagement dans sa chambre (Ah !). Au bout du fil, se trouve l’interlocuteur qui lui tiendra compagnie tout le long du jeu : Irving, un agent de la FEMA (Agence Fédérale des Situations d’Urgence), qui semble en savoir long sur les lieux et ses anciens occupants, et qui est a priori chargé de la guider dans l’hôtel. C’est fou comme il tombe bien, celui-là !

Ainsi, nous sommes enfermés dans un hôtel qui n’était plus en activité depuis un moment, et dont l’état commençait à bien se dégrader par endroits. Durant tout le jeu, nous errons de pièce en pièce, tout d’abord à la recherche d’un peu de subsistance ou de lumière. Et, rapidement, nous tombons sur des éléments qui nous font nous poser LA question qui va rythmer une bonne partie du jeu : Rachel Foster s’est-elle vraiment suicidée ?

Je n’en dirai pas plus, sachez cependant qu’on y apprendra des choses assez dérangeantes. Mais, concrètement, nous passons environ quatre heures à déambuler dans l’hôtel, d’une pièce à l’autre, du sous-sol au grenier… Au début, j’ai même trouvé ça chiant. J’ai choisi de jouer à la manette, et c’était pas toujours fluide. Par ailleurs, Nicole marche, et a la possibilité de courir, sauf qu’au niveau du maniement, c’était franchement pas simple et j’ai grincé des dents plus d’une fois.
Autre souci matériel : le jeu, pour l’apprécier pleinement, doit être joué en qualité maximale, sinon on se coltine des textures dégueulasses et absolument floues : pas de bol, mon PC n’était pas assez puissant pour ça. Si je montais la qualité, c’était joli mais mes mouvements étaient considérablement ralentis. Donc, pour ceux qui ont un PC qui commence à dater : le jeu va être gâché, sachez-le. De plus, et là j’ai pas compris : nous possédons une carte de l’hôtel censée nous orienter dans nos différents déplacements. La mienne n’a jamais voulu s’afficher correctement, même en montant la qualité des graphismes. Du coup, je me suis guidée à la mémoire, et j’ai pas mal tâtonné. Heureusement, l’hôtel n’est pas Versailles non plus !

D’ailleurs, heureusement que le jeu nous indique, la majorité du temps, notre objectif du moment, car il m’est arrivé à plusieurs reprises de ne pas savoir que faire, ni où aller (aussi, surprise : l’objectif n’était pas toujours indiqué huhu !). Il faut vraiment être attentif aux dialogues et aux sons environnants, sinon on peut vite se retrouver paumé. Genre, comme moi !

Ce jeu se passe dans un hôtel vide, parfois lugubre. Une partie se passe d’ailleurs dans le noir total (putain, j’ai galéré !!). Mais ce n’est pas un jeu horrifique dans le sens où vous n’y croiserez aucune créature maléfique, rassurez-vous, mais il m’est arrivé de me sentir franchement mal à l’aise. Honnêtement, l’ambiance sonore est sympa, on peut au moins lui accorder ça. Même en sachant que mon personnage ne risquait rien, il m’est arrivé de retenir mon souffle et de serrer les fesses.

Globalement, l’intrigue est prenante, même si à mes yeux elle souffre d’incohérences.
Lors de nos interactions avec Irving, nous avons l’opportunité de choisir nos réponses, même si je doute que ça change grand chose à l’avancée si on répond une phrase au lieu d’une autre. Mais, je trouve que ça ajoute un peu à l’immersion, ça nous donne l’impression de nous approprier un jeu dont nous sommes, quand même, globalement spectateurs. Le seul vrai choix que nous faisons, c’est dans la toute dernière scène et, là encore, je n’en dirai pas un mot.

Tout ça pour dire que nous avons là un jeu plutôt d’exploration dans un lieu assez grand, en huis-clos, mais facile d’accès (même sans plan). Quand je savais où je devais aller, je n’avais pas particulièrement de souci pour m’y rendre. Nous sommes portés par une énigme qui fera remonter les souvenirs de Nicole et nous permettra d’en apprendre davantage sur elle, sur sa famille et, surtout, sur la fameuse Rachel : est-elle encore en vie, bordel ?!

Bien évidemment, nous trouvons la réponse à la fin du jeu, et j’avoue avoir été surprise par l’issue de toute cette aventure, et du pourquoi nous venons à apprendre tout ça des années plus tard.
Même si l’hôtel peut être visité à notre guise (et, franchement, il mérite qu’on y jette un bon coup d’œil, car c’est un bel endroit), nous sommes totalement limités par l’intrigue, et c’est ce qui fait que le jeu ne peut pas durer beaucoup plus longtemps que 4 ou 5h selon moi.

C’est un jeu pour lequel je garde un avis mitigé. D’une part parce que j’ai l’impression de ne pas avoir pu y jouer de manière optimale : graphismes diminués, absence de carte, maniabilité parfois aléatoire… Mais, d’autre part, malgré un début plutôt mal barré, le jeu a fini par m’emporter. Certes, il a des défauts, et certes je n’ai toujours pas compris la logique dans le système de « chapitres » (vous comprendrez si vous y jouez), mais on a quand même envie de marcher main dans la main avec cette Nicole parfois imbuvable (mais bon, vous ne le seriez pas si vous vous retrouviez enfermés dans un hôtel dans lequel vous vous étiez juré de ne jamais remettre les pieds ?!).
J’avais envie de me balader dans cet hôtel, d’en explorer chaque recoin, parfois au mépris de l’intrigue, mais j’avais aussi envie de connaitre le fin mot de l’histoire. Ça ne vaut pas « Layers of Fear » à mes yeux, mais je ne suis pas contre l’idée, un jour, quand j’aurai un ordinateur un peu plus performant, de m’y balader de nouveau.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s